Virginie HARZE, une ancienne étudiante de la Haute Ecole de la Province de Liège section Agro Industrie et Biotechnologie, nous explique la manière dont elle est arrivée à faire de la brasserie son métier et ce à l’Abbaye du Val Dieu.
Echotier : Pourquoi avoir choisi cette section ? Aviez-vous déjà l’envie de vous orienter vers ce métier bien particulier ?
Virginie Harzé : J’ai fait ce graduat parce que j’aimais les sciences et tout ce qui touchait à la nature et l’environnement. A la base je voulais être garde forestier. Ensuite je me suis dirigée vers l’agro-alimentaire. En deuxième année les profs nous ont fait plusieurs propositions de stage dont un chez Neura technologie (fabrication de matériel de brasserie) et j’ai choisi celui-là.
E. : C’est donc une fois là-bas que la fascination est née ?
V.H. : Oui ce sont le produit et sa fabrication qui m’ont donné l’envie de me diriger vers la brasserie en elle-même. La complexité du procédé m’a interpellé, il y a tellement d’éléments qui rentrent en compte pour obtenir une bonne bière ! En trois mois de stage, j’en étais encore null part dans l’apprentissage et j’ai donc voulu approfondir. De plus l’ambiance de travail dans ce milieu « brassicole » est très particulière, très conviviale. Malgré la concurrence existante, il y a énormément d’entre-aide et de solidarité entre brasseurs.
E. :Et donc une fois diplômée, qu’avez-vous fait ? Vous avez trouvé tout de suite ici, à l’Abbaye du val Dieu ?
V.H : Non, j’ai d’abord travaillé à Bruxelles dans un domaine qui n’avait rien à voir avec ce milieu. Ensuite deux ans à Charleroi dans une brasserie où j’effectuais le contrôle qualité en laboratoire. C’était une très grosse brasserie (300.000 hectolitres/an), on produisait notamment la Grimbergen et la Ciney. C’est donc une toute autre échelle qu’ici où on brasse 7.000 hectolitres/an. Mais le contrôle qualité était très routinier j’ai donc décidé de partir à l’échéance de mon contrat et j’ai cherché dans ma région.
E. : Il me semble que vous habitez à quelques mètres d’ici ? Vous avez vraiment trouvé ce qu’il vous fallait !
V.H : En effet, je me suis présentée spontanément à la brasserie de l’Abbaye du Val Dieu et ils cherchaient justement quelqu’un pour le brassage et le contrôle qualité. J’étais là au bon endroit et au bon moment ! L’avantage ici c’est que vu que c’est une petite brasserie, je touche à tout et c’est ça qui est très intéressant. Et le fait qu’on cherche à grandir est un moteur supplémentaire dans le boulot de tous les jours.
E. : En quelques mots, est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste le brassage ?
V.H : En fait c’est une recette de cuisine ! Il faut prendre les ingrédients et les mélanger en respectant la recette. C’est donc un mélange d’eau, de farine de malte et de houblon (plante qui donne l’amertume à la bière). Le but du brassage est d’extraire de la farine tout le sucre qu’elle contient. A la fin du brassage, on se retrouve avec un jus sucré qu’on appelle le « moût », on le met en fermentation avec la levure, la levure se nourrit du sucre en rejetant l’alcool et le CO2 (gaz carbonique) et on se retrouve avec un liquide pétillant et alcoolisé : la bière.
E. : A l’heure d’aujourd’hui, vous avez 29 ans et un boulot fascinant, quel rôle a joué vos études dans cet aboutissement ?
V.H : J’ai appris les bases, tout ce qui est manipulation en analyse micro biologique et j’avais un cours théorique sur le brassage ce qui a fait naître en moi l’intérêt pour ce métier. Il faut savoir que la Haute Ecole de la Province a une excellente réputation et ça m’a ouvert plus facilement les portes de nombreuses entreprises tant pour les stages que pour le boulot. Le suivi des profs étaient déjà très soutenu pendant mes études et ils continuent toujours aujourd’hui à m’envoyer des offres d’emploi. Il y a toujours eu une certaine proximité entre les profs et les élèves. Et je ne loupe jamais les réunions des anciens élèves organisées tous les deux ans.
E. : Pour conclure, où vous projetez-vous dans dix ans ?
V.H : J’espère toujours ici ! Vous savez la brasserie c’est plus qu’un métier, c’est devenu une passion depuis le jour où j’ai commencé à travailler et je souhaite réellement contribuer à l’évolution de celle-ci.
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