En octobre dernier, un professeur de la Haute Ecole du Département Ingénieur, section électronique, Monsieur Philippe Camus, a assisté à un colloque à Paris sur l’évolution de l’électronique durant lequel les nouvelles tendances y étaient présentées. Monsieur Camus est, dès lors, revenu avec un nouveau thème de réflexion à présenter à ses élèves dans le cadre des cours de Sciences Appliquées : L’International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER). Il s’agit d’un projet de réacteur expérimental à fusion nucléaire (à ne pas confondre avec la fission nucléaire) basé sur la technologie du Tokamak*. L’objectif de ce type de réacteur est d’obtenir un moyen de production énergétique massive, permettant d’exploiter une source d’énergie quasi inépuisable et peu polluante.
A une époque où les problèmes et les coûts énergétiques sont de plus en plus importants et où le réchauffement climatique doit absolument être contrôlé, la fusion nucléaire apparaît comme la solution « miracle » à tous nos problèmes.
Outre les nombreux avantages de cette méthode, les défis technologiques à relever sont également de taille. Il faut être capable de confiner suffisamment la matière pour qu’elle puisse fusionner. Pour cela, il faut vaincre la répulsion des noyaux due à leur charge électrique : on peut comparer cela à rapprocher deux aimants qui se repoussent jusqu’au moment où ils se touchent.
Le projet ITER doit montrer la faisabilité de la fusion pour la production d’électricité. Le réacteur est en cours de construction en France à Cadarache (près d’Aix-en-Provence). En parallèle avec la construction du réacteur, le projet IFMIF** est destiné à étudier des matériaux résistant aux conditions de la fusion.
Si ITER donne satisfaction, une première centrale de démonstration sera réalisée et enfin un premier prototype réellement opérationnel. L’objectif en termes de puissance est 2 Gigawatts (2 milliards de watts). L’objectif ultime étant la maîtrise de l’énergie de fusion pour produire l’électricité de manière industrielle d’ici la fin du siècle.
Ce type de projet semble faire partie de ces défis que l’humanité est parfois capable de relever lorsqu’il y va de sa survie. Et c’est bien de survie de l’humanité qu’il est question.
Pour les jeunes en mal de projets, de repères et de sens à donner à leur vie, voici enfin un travail qui mérite toute leur attention, voici un moyen de montrer que la société de demain peut exister et qu’en tant qu’ingénieur, ils peuvent en être les acteurs.
*Tokamak vient du russe « toroidalnaja kamera magnetnaja katuska » (en français : chambre toroïdale à confinement magnétique. Il s’agit d’un système qui a été utilisé pour faire les premiers essais de réaction de fusion. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tokamak).
**IFMIF (International Fusion Materials Irradiation Facility) est un projet connexe à ITER dont le but est de développer des matériaux utilisables dans la construction de réacteurs de fusion.
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