|
Le Paradis - un peu plus loin
De l’auteur péruvien, Mario Vargas Llosa
A leur manière, les deux protagonistes du dernier récit de
Mario Vargas Llosa sont marginaux, profondément insoumis,
libertaires et revendicateurs.
L’histoire débute avec le parcours de Flora Tristan, née
en France en 1803 sous le règne de Louis-Philippe, qui
nous fait pénétrer dans les méandres de la révolution industrielle.
Les origines péruviennes de son père serviront
d’assises à sa prise de conscience des injustices dont sont
imprégnés les rapports humains. Elle retournera en France
après un court séjour au Pérou avec le dessein d’organiser
les ouvriers. Elle rêve de la création d’une union ouvrière,
fonde les aspirations d’une révolution féministe et pacifique.
De son côté, Paul Gauguin, petit-fi ls de Flora, quitte le monde
des affaires, abandonne sa femme et ses cinq enfants,
se fait impressionniste et trouve refuge en Polynésie. Koké,
son surnom choisi par ses amis maoris, trouve enfin chez
eux l’expression la plus sincère des êtres humains, ceux
dont la civilisation n’a pas encore souillé la pureté. Il y définit, à sa façon, les contours d’une résistance coloniale en
prenant le parti des populations locales tout en peignant
ses oeuvres d’art. Sa « maladie imprononçable » a raison
de lui et il meurt seul en 1903, pauvre et mésestimé.
Dans une France du XIXe siècle empreinte des idéaux socialistes,
dominée par les hommes, ce roman a le mérite
de donner ses lettres de noblesse à la première femme
qui aura eu le courage de s’y affi rmer. Cette oeuvre de
Mario Vargas Llosa nous livre un combat qui est toujours
d’actualité et rappelle que l’engagement n’est jamais vain
lorsqu’il s’agit de trouver son paradis.
|