Depuis que j’ai en charge l’Enseignement provincial, je n’ai cessé de promouvoir toutes les actions tendant à montrer aux jeunes qui nous sont confiés les horreurs commises par le fascisme principalement au cours de la deuxième guerre mondiale.
A mes yeux, il n’y a rien de plus efficace que de se rendre compte sur place avec un guide avisé. C’est dans cet ordre d’idées qu’ont été organisés les voyages à Dachau et Mauthausen avec la précieuse collaboration de Paul Brusson, rescapé de ces camps où il passa cinq longues années de sa vie. Il y eut également par exemple plusieurs actions menées conjointement avec les Territoires de la Mémoire.
J’ai moi-même participé à trois voyages dans les camps ce qui démontre à suffisance, me semble-t-il, l’importance que je leur porte.
Début mars, plusieurs émissions diffusées par des chaînes de TV m’ont interpellé :
- La soirée consacrée à Léon Degrelle sur la RTBF.
- Une émission intitulée « le fascisme italien en couleurs » avec bien sûr comme figure essentielle Mussolini sur Arte.
- Une émission sur la vie privée de Hitler sur Arte (ses repas, sa culture, ses loisirs,…etc.).
En y réfléchissant bien, avec un peu de recul, je me demande s’il n’y a pas là une sorte de banalisation des idées et des actions des ces tristes personnages que l’on a un peu tendance à faire passer pour des héros, si j’ose m’exprimer ainsi.
Si je prends Degrelle, il n’a pas varié jusqu’à sa mort de sa pensée nauséabonde. Fasciste il fut et le resta. Négationniste il fut et le resta.
On a ainsi pu le voir à l’écran développer ses thèses négationnistes qui sont exactement les mêmes que celles de l’évêque Williamson qui a récemment défrayé la chronique.
Voici maintenant qu’un professeur de religion islamique de l’Athénée Bruxelles 2 à Laken conteste le témoignage d’un rescapé des camps qui inlassablement depuis 25 ans informe les jeunes et participe à des voyages à Auschwitz et Birkenau. Pour les syndicats, ce professeur en estimant que le récit est largement exagéré fait siennes les thèses de Roger Garaudy, condamné pour ses propos en 1998.
Il ne faut pas perdre de vue non plus qu’un député belge (FN) fait l’objet d’une plainte pour négation du génocide juif et qu’un sénateur du même parti est à l’origine d’une parodie macabre de la chanson « l’Eau vive » (Ma petite juive est à Dachau…).
La bête est donc loin d’être morte et notre vigilance doit rester intacte.
J’en appelle à toute la communauté éducative provinciale pour qu’une information objective soit donnée aux jeunes qui font confiance à notre enseignement. C’est notre devoir de mémoire qui ne peut s’estomper.
Déjà, je vous remercie toutes et tous pour les initiatives que vous prendrez.
André Gilles
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